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A. Le paléolithique et le mésolithique (de -800.000 à -5.000) C. Les Pays-Bas autrichiens (1715-1794) C. La première constitution unitaire
A. Le haut Moyen-Age Aperçu général A. La période française (1794-1815) Aperçu historique de la fédéralisation
B. Les Mérovingiens (de 400 à 750) La révolution industrielle Les première et deuxième réformes de l'État
C. Les Carolingiens (de 750 à 900) B. La période néerlandaise (1815-1830) Les troisième et quatrième réformes de l'État
Aperçu général – Moyen âge tardif (1300-1500) Guillaume Ier La cinquième réforme de l’État
A. Les Pays-Bas unis et les Habsbourg (1482-1585 Aperçu historique général de la Belgique indépendante (de 1830 à nos jours) L'évolution du droit de vote
B. Les Pays-Bas du sud sous les Archiducs et l'Espagne (1585-1715) B. Le gouvernement provisoire et le congrès national
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A. Le paléolithique et le mésolithique (de -800.000 à -5.000)
La fabrication par l'homme d'outils en silex marque le début du paléolithique. Cette époque est marquée par une alternance de périodes froides et de périodes chaudes. La calotte glaciaire descend jusqu'à la moitié des Pays-Bas. La Belgique s'étend donc juste sous la limite des glaces. La plus ancienne trace de présence humaine en Belgique a été trouvée à Hallembaye (province de Liège). Il s'agit d'outils primitifs en silex datant d'environ 800.000 ans.
Aux alentours de 400.000 avant J.-C., l'homme fait son apparition dans la région de la Meuse. Il maîtrise le feu. Ses outils sont des silex arrondis avec un tranchant. Plus tard, apparaît le premier biface, silex taillé de manière à obtenir deux tranchants. Le travail du silex gagne en précision. A partir de 250.000 avant J.-C., l'homme débite la matière première d'une manière plus subtile. Le coup sur le silex est porté en prévoyant la forme que prendront les esquilles. Ces éclats de pierre sont ensuite utilisés pour fabriquer divers outils, comme les grattoirs pour peaux de bêtes.
De 250.000 à 35.000 avant J.-C., la Belgique est peuplée d'hommes de type néandertalien. C'est principalement dans la province de Liège (Engis, Fonds-de-Forêt) et de Namur (Hulsonniaux, Spy) que les fouilles ont livré des vestiges de cette époque. L'homme honore ses défunts par des rituels funéraires, ce qui implique la croyance en une vie après la mort. L'homme de Néandertal disparaît assez brusquement vers 35.000 avant J.-C. Il fait place à l'homme moderne.
A partir de 30.000 avant J.-C., l'homme commence à se parer. Il assemble des collier faits d'os, de dents d'animaux et de perles. Il se teint le corps avec de l'oxyde de fer. Vers 25.000 avant J.-C., on note l'apparition des premières statuettes. Elles représentent des femmes au ventre énorme, aux cuisses épaisses et aux seins proéminents. Elles servent principalement aux rites de fécondité. On trouve aussi des dessins (surtout d'animaux) gravés sur des tablettes de pierre.
Les outils se raffinent. Après la pierre, l'homme utilise aussi les os d'animaux. Il en tire des javelots, des harpons à crochets et des aiguilles (15.000 av. J.-C.).
Au paléolithique, l'homme pratique la chasse au gros gibier (mammouths, rhinocéros laineux). Les animaux sont chassés pour leur viande, mais aussi pour leur peau. Les os de mammouth servent à la construction de huttes ou d'armature pour les tentes.
Le mésolithique commence vers 9.000 av. J.-C. L'ère glacière touche à sa fin. La végétation change et le sol se boise lentement. Le territoire belge se peuple d'animaux plus petits. Les techniques de chasse s'adaptent au nouveau gibier. L'arc marque un grand progrès. Le régime alimentaire n'est plus seulement constitué de viande; le menu quotidien s'enrichit de nouvelles denrées, offertes par la nature, comme les baies. La pêche se développe aussi. En plus du harpon et de l'hameçon, l'homme fabrique des filets en écorce. Le mésolithique se caractérise par la présence de nombreux petits éclats de silex usés. Ils servent à affiner des outils plus grands. L'outillage se perfectionne, la hache et le burin apparaissent. Pour la première fois dans l'histoire, l'homme est capable d'exercer une action sur son environnement. Des vestiges prouvent clairement que, à partir de 7.000 avant J.-C., des bois sont systématiquement défrichés

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A. Le haut Moyen-Age Aperçu général

Au début du Ve siècle, les Francs envahissent la Belgique et installent leur capitale à Tournai. La dynastie des Mérovingiens règne sur le pays. Vers l'an 500, Clovis, roi des Francs, reçoit le baptême, et abandonne Tournai pour Paris. En Belgique, la christianisation massive débute en 630, avec le soutien des moines celtes.
En 751, la dynastie des Carolingiens prend le pouvoir. Sous l'impulsion de Charlemagne, la vallée de la Meuse devient le centre politique et économique de l'empire carolingien. La succession de Charlemagne est assurée par son unique héritier, Louis le Débonnaire. Après la mort de ce dernier, l'empire est divisé, avec l'Escaut comme ligne de séparation. L'ouest de la Belgique est rattaché à la France et l'est, au Saint Empire germanique. Les incursions des pillards normands, dans la seconde moitié du IXe siècle, affaiblissent l'autorité du roi. Le pouvoir passe aux mains de l'élite locale, seule à même de protéger efficacement les populations.
L'économie du haut moyen âge est essentiellement agricole. Les grands domaines seigneuriaux essaient, dans la mesure du possible, de vivre en autarcie.
La justice est rendue selon le droit coutumier, consigné dans le Code salique.
L'occupation romaine avait profondément romanisé le sud du pays. Les envahisseurs francs, infiltrés en nombre dans le nord, où l'influence romaine est moins profonde, imposent leur dialecte germanique. Le sud a absorbé les Francs, minoritaires, et gardé les idiomes romans. C'est la naissance de la frontière linguistique.

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B. Les Mérovingiens (de 400 à 750)

Le dernier jour de l'année 406, les Germains traversent le Rhin en masse et envahissent la Gaule. Les Francs Saliens en profitent pour soumettre la Gaule au nord de la Somme. Au Vième siècle, Tournai est le centre de l'empire franc. Le territoire est gouverné par la dynastie royale des Mérovingiens. Au VIième siècle, ils parviennent à étendre fortement leur puissance. Vers 550, ils dominent toute la Gaule, ainsi que la Germanie. Comme une grande partie de la noblesse gallo-romaine est christianisée, Clovis se voit obligé de se convertir au christianisme.
Pourtant, la christianisation massive ne commence que vers 630, avec l'aide des moines anglais et gaulois, qui ont le support du roi Dagobert et de l'aristocratie. Ils s'adressent surtout au propriétaires fonciers. On construit des églises et des monastères sur leurs domaines. Les cloîtres reçoivent de vastes terres pour subvenir à leurs besoins.
Au VIième siècle, on parle en Belgique des dialectes germains et romans. Au cours d'un processus long de plusieurs siècles, les dialectes germains deviennent majoritaires dans une région, et les dialectes romans dans l'autre. La frontière linguistique se stabilise au XIVième siècle, sauf dans la France septentrionale, où elle continue à migrer vers le nord.
L'économie mérovingienne s'appuie surtout sur l'agriculture. Les surfaces cultivées sont groupées en grands domaines. Ils appartiennent au roi, à l'aristocratie, à une abbaye ou à une église. Le domaine se compose de deux parties: les terres corvéables sont directement exploitées par le seigneur, les tenures sont labourées par les serfs pour leur propre compte. Les serfs sont obligés de céder une partie de leur récolte. Les techniques agricoles sont assez rudimentaires, et le rendement est faible. Au VIII siècle, la mer du Nord régresse, et libère de nouvelles terres, disponibles pour l'élevage des moutons. Les exploitations les plus importantes se trouvent surtout en Hainaut, en Hesbaye et dans le sud du Brabant. En Flandre, elles sont plus petites. Comme les domaines sont auto-suffisants, le commerce reste fort limité : seules s'achètent les marchandises qu'on ne peut produire soi-même.
Les villes mosanes de la fin de la période romaine conservent leur attraction sur la population. Grâce à l'existence des mines de fer, le pays de Meuse entre Dinant et Maastricht reste un centre industriel : la production métallurgique, l'orfèvrerie, la verrerie, et la céramique y sont florissantes.
Le pouvoir ne se base plus sur des institutions abstraites, mais sur les relations personnelles entre : le roi et l'aristocratie; l'aristocratie et ses guerriers libres; les serfs et les propriétaires fonciers. Le roi est à la tête de l'empire. Les souverains ne parviennent pas à assurer l'ordre intérieur : l'insécurité règne. Ils s'entourent de fidèles, qui occupent les fonctions importantes à la cour. Ces fidèles forment au fil du temps une aristocratie. En récompense de leur service, ils reçoivent des terres du domaine royal, et une seigneurie. Cette aristocratie devient de plus en plus puissante. D'autres hommes libres détiennent le pouvoir dans les campagnes. Ces sont les commandants militaires, qui ont aussi le pouvoir judiciaire. Ils sont les descendants de la noblesse gallo-romaine, ou des chefs francs. Il y a aussi des hommes libres de rang inférieur, qui possèdent une exploitation propre. L'insécurité permanente les oblige à se mettre sous la protection d'un propriétaire foncier. Par conséquent ils doivent renoncer à leur position juridique favorable et deviennent dépendants du seigneur. Les serfs ont une exploitation propre, mais ils sont obligés de travailler sur les terres du seigneur. A l'époque mérovingienne, il y a encore un grand nombre d'esclaves, qui travaillent la terre. Les plus chanceux entrent comme domestiques au service du seigneur.
La jurisprudence est basée sur le droit commun. Dans la période 508-511, de nombreuses règles de droit sont compileés dans un texte appelé le Code Salique. Les comtes locaux, assistés par quelques hommes libres, disent le droit.
Après Dagobert Ier, le pouvoir tombe entre les mains des maires du palais. Ils dirigent l'administration. Une nouvelle dynastie se développe : celle des Péppinides. En 751, Pépin le Bref destitue le dernier roi mérovingien. Il devient le premier roi d'une nouvelle dynastie, celle des Carolingiens.

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C. Les Carolingiens (de 750 à 900)

La chute de la monarchie mérovingienne permet à la dynastie des Péppinides de s'emparer du pouvoir. Ils réussissent à stopper l'avancée de l'Islam. En 751, Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien avec l'appui du pape. Son fils Charlemagne soumet les Saxons et les Frisons et les force à rejoindre le monde chrétien. Il reprend la Catalogne aux Arabes. Le pape sacre Charlemagne empereur la nuit de Noël 800.
Le centre de l'empire franc se déplace vers la région située entre la Meuse et le Rhin. Charlemagne fait d'Aix-la-Chapelle sa principale résidence. L'économie des Pays-bas s'en trouve favorisée.
Les Carolingiens veulent maîtriser l'économie. Battre monnaie redevient un privilège d'état. Les régions belges connaissent à cette époque une expansion économique. Sous l'impulsion des abbayes, le défrichement s'étend, surtout en Flandre, et les paroisses se multiplient. La production agricole augmente grâce à une amélioration de l'outillage, elle-même induite par les progrès de la métallurgie. La production d'objets en fer augmente. L'abondance crée des marchés locaux où les agriculteurs écoulent leur surproduction et où les marchands proposent leurs produits. Un commerce à longue distance s'installe également. La majorité des marchands sont frisons. Les biens commercialisés sont : les céréales, le poisson, le vin, les produits orientaux, les draps frisons, l'ambre et les armes.

Charlemagne réforme l'empire franc. Il le morcelle en comtés, administrés par des fonctionnaires royaux, qui représentent le roi aux niveaux judiciaire et militaire. Le roi choisit ses collaborateurs parmi quelques puissantes familles de propriétaires terriens. L'aristocratie conserve le pouvoir au niveau local. Les temps sont durs pour les hommes libres, qui possédent peu. L'aristocratie et les fonctionnaires royaux tentent de les dépouiller de leurs biens et de les soumettre aux grands propriétaires terriens. Les esclaves quant à eux sont massivement libérés.
Au point de vue culturel, on peut parler d'une renaissance carolingienne. Le latin, qui a subi un certain abâtardissement sous les Mérovingiens, est remis à l'honneur. Il reste l'usage exclusif du clergé. La noblesse guerrière continue à utiliser le franc comme langue véhiculaire. Au point de vue architectural, l'empire franc est sous influence byzantine. Certaines églises sont construites par des architectes byzantins, qui seuls maîtrisent la rotonde. La majorité des édifices religieux sont cependant construits sur le modèle de la basilique latine.
A la mort de Charlemagne, son fils unique Louis le Pieux monte sur le trône. En 817, ce dernier établit un document réglant sa succession. Seul son fils aîné pourra hériter de l'empire, les autres étant ses vassaux. A la mort de sa première épouse, il se remarie et a encore un fils, qui pose aussi ses exigences. A la mort de Louis, ses fils partagent, en 843, l'empire carolingien en trois parties. Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, à l'ouest de l'Escaut, Lothaire le territoire entre l'Escaut et le Rhin, la Lotharingie, et Louis le Germanique le territoire oriental germanique, ou Francie orientale. Lothaire reçoit également le titre impérial. Après sa mort, la Lotharingie s'affaiblit rapidement et ses frères espèrent s'approprier son royaume. Après une longue navette entre la Francie occidentale et la Francie orientale, le territoire est rattaché en 925 au royaume oriental. La frontière entre l'Ouest et l'Est est marquée par l'Escaut. Les territoires occidentaux de la Belgique actuelle appartiennent donc à la Francie occidentale, la future France, les régions orientales sont rattachées à la Francie orientale, le futur "Saint empire romain germanique". Le roi de Francie orientale reçoit le titre d'empereur.
Les dissensions internes mettent l'empire à la merci des invasions. Les Normands effectuent dans nos régions des razzias en vue de ramener des objets de valeur. Ceux-ci se trouvent en général dans les monastères, qui sont la principale cible des pillages. Devant l'affaiblissement du pouvoir central, les seigneurs locaux prennent en mains la protection de la population. On construit forteresses, donjons et autres fortifications. En échange de leur protection, les nobles locaux prennent une partie des libertés de leurs protégés, et s'émancipent ainsi vis-à-vis de leur souverain. Ils deviennent des seigneurs locaux, liés au prince par un serment féodal.

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Aperçu général – Moyen âge tardif (1300-1500)

Les tensions grandissantes entre, d'une part, marchands et  artisans, et, d'autre part, comte de Flandre et roi de France, débouchent sur la bataille de Courtrai, en 1302 (la bataille des Eperons d'or). Les artisans, regroupés en métiers, en sortent victorieux, et prennent, en Flandre, le pouvoir dans l'administration des villes. Dans le Brabant, le pouvoir communal reste aux mains de la classe dominante. Dans la principauté de Liège, l'autorité du prince-évêque est fortement limitée, au profit des institutions communales, dirigées par les métiers.
Au XVe siècle, toutes les régions de l'actuelle Belgique passent sous l'autorité des ducs de Bourgogne, à l'exception de la principauté de Liège. Les ducs limitent les pouvoirs des grandes villes flamandes. Ils créent des institutions chapeautant l'administration et la justice, mais les régions préservent pour une grande part leur autonomie.
L'industrie textile des grandes villes se concentre sur les produits de luxe. Draps et lin bon marché sont produits dans les plus petites villes et à la campagne. L'exportation drapière échappe au contrôle des marchands locaux. Bruges est bien le port de transbordement des régions situées entre la Baltique et la Méditerranée, mais le commerce est régi par les marchands étrangers. Au XVe siècle, suite à l'ensablement du Zwin, mais aussi pour des raisons économiques et politiques, Anvers supplante Bruges en tant que principal port de transit d'Europe occidentale.

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A. Les Pays-Bas unis et les Habsbourg (1482-1585)

Après la mort de Marie de Bourgogne, les principautés belges passent sous la domination des Habsbourg. Durant le règne de Charles Quint (1515-1555), la Belgique se distingue par son taux élevé d'urbanisation. Anvers est le centre commercial et financier de l'Europe occidentale. La première moitié du XVIe siècle marque une période de prospérité. Les arts et les sciences sont florissants.
Une forte croissance démographique accentue toutefois le problème de la pauvreté. Sous Philippe II (1555-1598), roi d'Espagne et des Pays-Bas, l'agitation sociale grandit. Entre-temps, le protestantisme s'est propagé dans les Pays-Bas. Philippe II, souverain catholique, est déterminé à combattre la Réforme par tous les moyens. Son despotisme politique et religieux se heurte à l'opposition de la noblesse et de la bourgeoisie.
Les tensions se transforment en un mouvement d'insurrection générale contre Philippe II. Les protestants radicaux réussissent à chasser les troupes espagnoles des provinces du nord (les actuels Pays-Bas). Les provinces du sud (l'actuelle Belgique) sont reconquises par les Espagnols. La prise d'Anvers par l'armée espagnole, en 1585, marque la coupure définitive entre Pays-Bas du nord et du sud. Dans les provinces du sud, sous domination espagnole, le catholicisme obligatoire est réinstauré.
La principauté de Liège est restée indépendante. Le protestantisme y connaît un succès plus modéré, mais, là aussi, les calvinistes sont victimes de poursuites. Au cours du XVIe siècle, la principauté réussit, de manière satisfaisante, à assurer sa neutralité par rapport aux territoires voisins.

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B. Les Pays-Bas du sud sous les Archiducs et l'Espagne (1585-1715)

Après 1585, les Pays-Bas du sud, exception faite de la principauté de Liège, sont soumis à la couronne d'Espagne. La religion catholique est obligatoire. En 1598, peu avant sa mort, Philippe II accorde aux provinces du sud un statut semi-indépendant. Les archiducs Albert et Isabelle gouvernent le pays. L'Espagne leur accorde une large autonomie en matière de politique intérieure. En 1621, l'archiduc Albert meurt toutefois sans descendance, et les provinces du sud retombent sous la souveraineté directe de l'Espagne. Les Pays-Bas méridionaux vont, dès lors, subir les conséquences du déclin de leurs maîtres espagnols. De nombreux territoires sont perdus définitivement, au profit de la France et des Provinces-Unies du nord.
L'administration des Pays-Bas s'hispanise graduellement. La contre-réforme freine les progrès de la science. Durant la première moitié du XVIIe siècle, la population rurale se remet lentement des guerres du siècle précédent. Sur le plan économique, l'industrie doit se tourner essentiellement vers les produits de luxe. Anvers décline et cède sa place de plaque tournante de l'économie européenne à Amsterdam.
La deuxième moitié du XVIIe siècle annonce une nouvelle période de malheurs. Les Pays-Bas du sud sont touchés par une crise économique due à la surpopulation et à la concurrence étrangère. Les guerres de Louis XIV ravagent les provinces belges. En 1695, la ville de Bruxelles est délibérément détruite par les troupes françaises, après trois jours de bombardements, du 13 au 15 août.
En 1715, les Pays-Bas du sud sont cédés à l'empire des Habsbourg. Une période plus calme commence.
La principauté de Liège, restée catholique, voit s'affronter les conservateurs et les progressistes. Chaque partie fait appel à une grande puissance étrangère, et Liège n'est donc par épargnée par les guerres extérieures. Toutefois, l'économie n'en souffre pas. Au contraire, le déclin économique des Pays-Bas du sud accélère le développement de la principauté. Le secteur des armes et l'industrie textile verviétoise en sont les principaux bénéficiaires.

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C. Les Pays-Bas autrichiens (1715-1794)

En 1715, les Pays-Bas du sud sont cédés à l'empire des Habsbourg (Autriche). Une période paisible commence, troublée seulement par l'occupation du territoire par les Français, entre 1744 et 1748. Les souverains autrichiens veulent appliquer les principes du siècle des Lumières et accordent davantage de libertés.
Les tentatives de l'empereur Joseph II pour réformer radicalement l'Etat déclenchent toutefois la révolution brabançonne (1790). Mais en moins d'un an, la discorde entre progressistes et conservateurs fait retomber le pays sous la domination autrichienne.
Dans la principauté de Liège, le régime dépend des convictions conservatrices ou éclairées du prince-évêque. En 1789, une révolution progressiste éclate contre la politique, considérée alors comme réactionnaire, du prince-évêque au pouvoir. Elle est réprimée par les Autrichiens au cours de leur campagne de reconquête des Pays-Bas du sud.
En 1792, la principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens sont envahis par la République française, puis reconquis en 1793 par l'Autriche. En 1794, ils sont définitivement annexés par la France.
L'évolution des techniques et la croissance démographique jettent les bases de la révolution industrielle du XIXe siècle. La construction des premières grandes chaussées pavées favorise le trafic commercial. Vers 1720, la Compagnie d'Ostende est tellement prospère qu'elle peut concurrencer les grandes puissances engagées dans le commerce du thé. L'empereur est alors amené, pour des raisons dynastiques, à démanteler cette Compagnie, en 1727.

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A. La période française (1794-1815)

En 1792, les Pays-Bas autrichiens et la principauté de Liège sont envahis par les troupes républicaines françaises. L'année suivante, ces territoires sont reconquis par les Autrichiens. Une nouvelle campagne militaire française repousse définitivement l'armée autrichienne. Les territoires annexés sont soumis aux mêmes lois et institutions républicaines qu'en France.
Lorsque Napoléon s'empare du pouvoir, la Belgique est intégrée dans l'empire français. L'empereur met en place un nouveau cadre juridique de droit civil : le code Napoléon. Ce code servira de modèle au futur code civil belge.
Durant la période française, la révolution industrielle gagne nos régions. Depuis la Grande-Bretagne, des machines à vapeur sont introduites clandestinement en Belgique. Les usines se construisent, parfois avec l'aide d'immigrés britanniques. La Wallonie devient la région la plus industrialisée du continent européen. Gand est la seule ville industrielle de Flandre. Le port d'Anvers tire profit de l'occupation française, grâce à la levée du blocus néerlandais.
Le gouvernement français instaure le service militaire obligatoire. De nombreux Belges sont enrôlés, contre leur gré, dans les armées impériales. Sous le régime napoléonien, la liberté politique est inexistante. En Flandre, l'usage de la langue néerlandaise est réprimé et les publications dans cette langue sont interdites.
En 1815, la défaite de Napoléon à Waterloo met fin au régime français.

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La révolution industrielle
L'industrie belge se développe fortement sous le régime français. La révolution industrielle, commencée au milieu du 18ème siècle en Angleterre, va également s'implanter en Belgique, même si elle se manifeste principalement en Wallonie. Elle se caractérise par la mécanisation de l'industrie grâce à l'introduction de la machine à vapeur. Le travail manuel est remplacé par les machines, actionnées par la vapeur. La technologie est introduite en Belgique par des immigrants anglais (Cockerill) ou par l'importation clandestine de machines (Bauwens). A partir de 1800, l'Anglais William Cockerill, installé à Verviers, fournit des machines à l'industrie drapière locale. C'est la première étape vers la mécanisation totale de l'industrie lainière à Verviers. A la même période, Liévin Bauwens installe à Gand les machines à filer et à tisser le coton. La mécanisation de l'industrie cotonnière fait de Gand la première et, jusqu'à la fin du XIXème siècle, la seule ville industrielle flamande. Peu avant la révolution française déjà, les mines wallonnes sont exploitées à l'aide de machine à vapeur. En 1803, le tapis roulant transporteur est mis en service à Quaregnon. Les innovations techniques permettent à l'industrie minière du Borinage, de Liège et du Centre de progresser à grands pas, parallèlement à la croissance de la production. En 1810, le Hainaut produit plus d'un million de tonnes de charbon par an. La fabrication des machines, et les besoins croissants en fer qui en découlent, donnent une nouvelle impulsion à la sidérurgie. Les provinces de Liège, du Hainaut et de Namur fournissent près d'un quart de la fonte de l'empire français. L'usine d'armement de la ville de Liège est très importante. Dans la province de Liège, la production de tôle connaît une forte croissance. De nouveaux secteurs industriels se créent, comme la production d'acier, de fer-blanc et de zinc. La Wallonie devient la première région industrielle du continent.
Les industriels sont encouragés par le gouvernement français. Les gildes corporatives, qui regroupent les ouvriers par secteur, sont interdites, de même que le vagabondage, ce qui libère un grand potentiel de main-d'oeuvre. Les biens confisqués de l'Eglise sont revendus à prix avantageux aux industriels. Liévin Bauwens installe ses deux premières usines dans des cloîtres chartreux et norbertin. La forte croissance de l'industrie est rendue possible par l'ouverture d'un marché favorable à l'écoulement de la production. La guerre avec l'Angleterre et le blocus continental ont supprimé la concurrence anglaise. L' annexion par la France ouvre aux produits belges tous les marchés de l'empire. Enfin, les nombreuses guerres obligent l'armée française à renouveler fréquemment son équipement.
Les effets négatifs du blocus se font néanmoins sentir dès 1810. L'importation de matières premières est difficile, et les débouchés se limitent à la France, aussi grande soit-elle. La crise économique s'installe et est renforcée par le déclin du régime napoléonien. La chute de Napoléon marque la faillite des nombreux industriels, dont Liévin Bauwens.

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B. La période néerlandaise (1815-1830)

Après la défaite de Napoléon, les alliés décident, lors du Congrès de Vienne, de créer un Etat tampon au nord de la France. Les Pays-Bas du nord et du sud, ainsi que la principauté de Liège, sont réunis en un seul Etat : le Royaume-Uni des Pays-Bas. Guillaume Ier d'Orange en devient le souverain.
Guillaume Ier stimule le développement industriel de la Belgique. Il soutient la mécanisation de l'industrie, améliore l'infrastructure des moyens de communication et offre un soutien financier aux entrepreneurs. Les grands industriels wallons et gantois appuient sa politique. L'industrie rurale non mécanisée de Flandre souffre, elle, de la concurrence des grandes usines et l'insatisfaction s'installe.
L'église catholique soutient l'opposition dans les campagnes, car elle refuse d'accepter un souverain protestant. De plus, Guillaume Ier essaie de réduire le pouvoir de l'Eglise, ce qui renforce encore la méfiance de celle-ci.
Au niveau politique, le roi est autoritaire. Les libéraux demandent un gouvernement composé de ministres responsables, mais le souverain refuse. En Flandre, Guillaume Ier veut imposer le néerlandais comme langue officielle. Cette mesure contrarie les jeunes classes supérieures wallonne et flamande francophone, qui se sentent menacées dans leur carrière.
En 1828, les catholiques et les jeunes libéraux s'unissent et signent un programme commun. Dans les Pays-Bas du sud, les tensions grandissantes vont déboucher sur une scission d'avec le nord, et sur la création d'un Etat belge indépendant.

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Guillaume Ier
Guillaume Ier (1772-1843), prince d'Orange-Nassau, est roi des Pays-Bas (1814-1840) et grand duc de Luxembourg (1814-1840). Il veut réunir les Pays-Bas du Nord et du Sud. Il est encouragé dans cette voie par l'Angleterre, qui désire établir un Etat tampon fort à la frontière nord de la France.
Le traité de Paris (mars 1814) concrétise ses voeux. Le grand-duché de Luxembourg compense la perte des possessions allemandes de la dynastie des Nassau (congrès de Vienne, 1815).
Les divergences d'opinion surgissent rapidement entre la Belgique et Guillaume Ier. La nouvelle "loi fondamentale" de 1815 suscite l'opposition, concernant notamment la liberté des cultes et le manque de responsabilité ministérielle. Ces tensions poussent le roi à mener une politique de "despote éclairé". Les Etats généraux se réunissent rarement et, au fil du temps, le souverain mène essentiellement sa politique par arrêtés royaux.
Sur le plan économique, Guillaume Ier relance le commerce, la navigation et l'industrie. Il fait creuser des canaux, fonde des institutions économiques, comme la "Nederlandsche Bank" (1814) et la "Société générale des Pays-Bas" (1822), à Bruxelles. Il met en rapport l'industrie lourde wallonne et les maisons de commerce néerlandaises.
Sa politique scolaire et religieuse provoque de nombreux mécontentements, surtout à cause de la formation politique des prêtres (création à Louvain du Collège philosophique en 1825), et de la poursuite des opposants.
Lorsque Guillaume Ier impose la censure à la presse, les libéraux rallient l'opposition catholique pour former ensemble l'"Unionisme", en 1828. La révolution éclate en 1830, et aboutit à la scission du Nord et du Sud, selon les termes du traité des XXIV Articles, signé à Londres le 15 octobre 1831.

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Aperçu historique général de la Belgique indépendante (de 1830 à nos jours)

Les provinces belges et néerlandaises sont réunies en un seul Etat au cours du Congrès de Vienne de 1815. La Belgique passe alors sous la direction du monarque hollandais, Guillaume Ier. Bien que sa politique économique soit favorable à la bourgeoisie belge, des protestations s'élèvent rapidement. Ainsi les catholiques protestent contre l'ingérence de Guillaume Ier dans les affaires religieuses et les libéraux contre le manque de libertés. En 1828, la bourgeoisie catholique et libérale de la future Belgique s'unissent pour élaborer un programme commun d'exigences. C'est ce qu'on a appelé l'unionisme ou l'alliance diabolique.
Le 23 septembre 1830, la révolution éclate à Bruxelles. Les rebelles bruxellois reçoivent l'appui de volontaires venant de l'extérieur de la ville. A la suite de cette révolution, la Belgique se sépare des provinces du nord. Le Gouvernement provisoire déclare l'indépendance, le 4 octobre 1830, et le 3 novembre de la même année 30.000 électeurs censitaires élisent le Congrès national. Ce Congrès approuve, le 7 février 1831, une constitution très progressiste pour l'époque.
Une conférence diplomatique sur l'avenir de la Belgique s'ouvre à Londres le 4 novembre 1830. Les grandes puissances reconnaissent la séparation de la Belgique et des Pays-Bas. Léopold de Saxe-Cobourg devient le premier roi des Belges en 1831. En 1865, son fils Léopold II lui succède. Sous leurs règnes, la Belgique devient la deuxième puissance industrielle. Afin d'assurer l'approvisionnement en matières premières et de garantir par conséquent l'indépendance économique, les deux souverains ont financé diverses expéditions coloniales. Ce n'est qu'à la fin du 19ème siècles que les tentatives sont couronnées de succès. Léopold II soutient activement les expéditions de Henry Stanley dans les territoires congolais. Stanley conclut avec les chefs de tribus locales des accords qui mènent à une confédération d'Etats. A l'origine, le gouvernement belge et le parlement n'ont rien à voir dans cette affaire. Léopold II, premier occupant d'Afrique centrale, jouit d'une position forte à la conférence de Berlin, en 1884. Ses exigences sont reconnues. En 1885, le parlement belge l'autorise à devenir chef d'Etat du Congo, qui n'est cédé à la Belgique qu'en 1908.
Malgré la politique de neutralité imposée à la Belgique par les grandes puissances, notre pays n'est pas épargné pendant la première guerre mondiale. L'armée belge, sous les ordres d'Albert Ier, n'est pas de taille à affronter la super-puissance allemande. Elle arrête néanmoins les Allemands devant l'Yser. La Belgique payera un lourd tribut lors de la première guerre mondiale. La région du front de l'Yser est particulièrement touchée.
Des années difficiles suivent la première guerre mondiale. Le malaise économique international est perceptible en Belgique également. Le danger vient encore de l'Allemagne, où Hitler a pris le pouvoir. A partir de 1936, la Belgique mène à nouveau une politique de neutralité, mais, cette fois encore, l'Allemagne envahit la Belgique, en mai 1940. Après 18 jours de combat, Léopold III décide de capituler. Cette décision entraîne une rupture avec le gouvernement et est à l'origine de la question royale qui surgit après la libération. Léopold III est contraint d'abdiquer en faveur de son fils Baudouin Ier. Ce dernier reste sur le trône jusqu'à sa mort, le 31 juillet 1993. Le Roi Albert II monte sur le trône, le 9 août 1993. Il est le sixième roi des Belges. Les questions communautaires jouent un rôle capital dans l'histoire politique récente. Quatre réformes de l'Etat ont transformé la Belgique en Etat fédéral. La scène politique est également dominée par des problèmes économiques et par une internationalisation croissante. La Belgique a joué un rôle important dans la construction de l'Union économique belgo-luxembourgeoise, du Benelux et de l'unification européenne. En tant que membre des Nations Unies et au service de la paix dans le monde, la Belgique engage régulièrement ses troupes pour participer aux actions internationales ou envoie des observateurs sur place.

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B. Le gouvernement provisoire et le congrès national

L'occupation de Bruxelles par l'armée hollandaise, entre le 23 et le 27 septembre 1830, provoque la création d'un comité révolutionnaire. Ce comité se mue en gouvernement provisoire, après le repli des Hollandais.
Le 4 octobre 1830, le gouvernement provisoire proclame l'indépendance des neuf provinces belges. Il charge une commission d'élaborer une nouvelle constitution. Le 10 octobre, il convoque des élections pour élire un congrès national. Le congrès est élu au suffrage direct, mais le système censitaire limite à 45.000 hommes le nombre d'électeurs. Le vote a lieu le 3 novembre, seuls 30.000 citoyens se présentent. Le congrès se compose de 200 membres, issus principalement de la bourgeoisie. Il se réunit pour la première fois le 10 novembre. Jusqu'à cette date, les pouvoirs exécutif et législatif étaient exercés par le gouvernement provisoire. Il gouverne par décret. Il proclame certaines grandes libertés, comme les libertés d'association, de la presse, de conscience et d'enseignement.
La première tâche du congrès est l'élaboration et l'approbation d'une constitution. La nouvelle constitution est adoptée le 7 février 1831. Un régent est également désigné ce jour. Le gouvernement provisoire, qui exerce encore le pouvoir exécutif, est dissout. Le congrès national se maintient en tant qu'organe législatif jusqu'à l'élection du premier parlement, le 8 septembre 1831.

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C. La première constitution unitaire

Le 25 novembre 1830, le projet de constitution, élaboré par la commission désignée par leuvernement provisoire, est soumis au Congrès national. Le 7 février 1831, le Congrès national clôture les débats et vote la constitution belge.
La constitution belge est une synthèse équilibrée des constitutions françaises de 1791, 1814 et 1830, de la constitution néerlandaise de 1814 et du droit constitutionnel anglais. Le texte constitutionnel n'est toutefois pas un amalgame juridique, mais bien une création originale. Ses principes élémentaires sont toujours en vigueur aujourd'hui.La Belgique devient donc une monarchie parlementaire. Le principe de basedelaconstitution est la séparation des pouvoirs. Les trois pouvoirs distincts sont: le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
Le pouvoir législatif est exercé par la Chambre des Représentants et le Sénat, qui votent les lois, et par le Roi, qui les promulgue et les sanctionne. Les députés et les sénateurs sont élus au suffrage censitaire, c'est-à-dire par des citoyens disposant de revenus suffisants pour payer le cens électoral (quota d'impôts). Bien qu'élu par une fraction seulement de la population, le parlement est considéré comme émanant de la volonté du peuple.
Le pouvoir législatif est donc le pouvoir le plus puissant en Belgique. Pour être éligible au Sénat, le candidat doit payer un quota d'impôts encore plus élevé que pour être électeur, et être âgé au moins de 40 ans. Le rôle du Sénat est de tempérer les éventuelles initiatives inconsidérées de la Chambre.
Le pouvoir exécutif est confié au Roi et à ses ministres. La responsabilité de la politique gouvernementale est cependant du ressort des ministres. La constitution prévoit qu'aucun acte du Roi n'est suivi d'effet sans la signature d'un ministre. Les ministres, eux, sont responsables devant le parlement (la Chambre et le Sénat).
Le pouvoir judiciaire appartient aux tribunaux. Les séances sont, en principe, publiques. Les juges ne peuvent être démis de leurs fonction que par un jugement. En outre, un jury est constitué pour les crimes, délits politiques et délits de presse.
La constitution garantit également les libertés fondamentales du citoyen. Tous les Belges sont égaux devant la loi. Aucun citoyen ne peut être privé de sa liberté sans l'ordonnance d'un juge. L'inviolabilité du domicile et celle du secret des lettres sont garanties. Chacun est libre d'exprimer son opinion, dans tous les domaines, et de pratiquer la religion de son choix. La liberté de l'enseignement et la liberté de la presse sont également garanties. Les libertés de réunion et d'association sont formellement reconnues par la constitution.
La première constitution belge est très centralisatrice, c'est-à-dire qu'elle dote l'Etat central d'un pouvoir fort, afin de combattre le particularisme et de renforcer l'unité du pays.
Le texte initial de la constitution de 1831 a subi diverses modifications. Les deux premières révisions concernent le droit de vote et les conditions d'éligibilité. Les quatre réformes suivantes transforment la Belgique unitaire en Etat fédéral.

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Aperçu historique de la fédéralisation

Depuis des temps anciens, le territoire de la Belgique est soumis à l'influence des mondes latin et germanique. Cela engendre une pluralité culturelle qui, à la naissance de la Belgique, en 1830-1831, existe depuis très longtemps déjà. C'est cette différence de langue, de culture, qui est la source des revendications porteuses de la réforme de l'État.
Les lois linguistiques, votées de 1873 à 1963, ont constitué une étape importante de la réforme de l'État. Ces lois concernent l'emploi et la reconnaissance des langues française, néerlandaise et allemande comme langues officielles de la Belgique.
Mais des lois linguistiques ne suffisent pas à réformer l'État. Pour réformer celui-ci, il a fallu modifier le texte qui constitue le fondement de l'organisation de l'État, autrement dit: réviser la Constitution. La Révision de la Constitution du 5 mai 1993 a consacré le nouvel État fédéral, au terme d'une réforme entamée en 1970, approfondie en 1980 et poursuivie en 1988-1989.

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Les première et deuxième réformes de l'État

En 1970, une première révision de la Constitution consacre les trois Communautés culturelles. C'est le début du processus de réforme de l'État sur le plan juridique.
La naissance des trois Communautés culturelles est, comme leur nom l'indique, le signe d'une certaine autonomie en matière de culture. Leurs compétences sont toutefois très limitées.
Cette réforme répond à l'aspiration des Flamands à l'autonomie culturelle.
En 1970, on prévoit également la création de trois Régions dotées chacune d'un territoire et appelées à agir surtout dans le domaine économique. Elles répondent à l'aspiration des francophones, Wallons et Bruxellois, à l'autonomie économique.
C'est en 1980 qu'a lieu la deuxième réforme de l'État. On poursuit alors le travail entamé en 1970. Les Communautés culturelles deviennent des Communautés proprement dites parce qu'elles ne gèrent plus uniquement la culture, mais aussi des matières qui touchent directement aux personnes: la santé et l'aide sociale.
En conséquence, ces trois Communautés s'appellent, dès 1980: la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone. Ces Communautés sont dotées chacune d'un Conseil (un parlement) et d'un Exécutif (un gouvernement).
Lors de la réforme de 1980, deux Régions voient le jour: la Région flamande et la Région wallonne. Celles-ci disposent d'un Conseil et d'un Gouvernement.
Il est à noter qu'en Flandre, dès l'origine, le Gouvernement et le Conseil de la Région flamande ont fusionné avec le Gouvernement et le Conseil de la Communauté flamande. En Flandre, il n'y a donc qu'un seul Gouvernement et un seul Conseil.
Les francophones n'ont pas fusionné les organes de la Communauté française et de la Région wallonne parce qu'il y a beaucoup plus de francophones bruxellois par rapport aux francophones wallons qu'il n'y a de néerlandophones bruxellois par rapport aux Flamands.
De cette deuxième étape en 1980, on retiendra également le fait que la Région bruxelloise, bien que reconnue en 1970, reste "au frigo" pour ce qui concerne ses institutions. La troisième réforme changera cette situation.

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Les troisième et quatrième réformes de l'État

Lors de cette troisième réforme de l'État, en 1988-1989, c'est plus particulièrement la Région de Bruxelles-Capitale qui prend forme. Elle est dotée, comme les deux autres Régions, d'institutions et, plus précisément, d'un Conseil - appelé maintenant Parlement - et d'un Gouvernement. Le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale vote les ordonnances et le Gouvernement les applique.
En 1988-1989, la troisième réforme de l'État donne également aux Communautés davantage de compétences et renforce encore les Régions. Les Communautés se voient attribuer, notamment, l'enseignement, tandis que les Régions reçoivent, entre autres, les travaux publics et le transport.
En 1993, enfin, on aboutit, avec la quatrième réforme de l'État, à la phase ultime du processus entamé en 1970. L'État belge devient un État fédéral à part entière, où les Communautés et les Régions, mises en place lors des réformes précédentes, acquièrent toutes leurs compétences.
La première phrase de l'ancien article premier de notre Constitution, "La Belgique est divisée en provinces", est devenu "La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions".
Dès ce moment, le fédéralisme belge est devenu une réalité juridique formellement reconnue comme telle.

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La cinquième réforme de l’État

En 2001, l’accord du Lambermont et l’accord du Lombard annoncèrent la cinquième réforme de l’Etat.
L’accord du Lambermont transfère certaines compétences aux Communautés et Régions. Ainsi, la loi communale et la loi provinciale sont devenues une compétence régionale. L’agriculture, la pêche en mer et le commerce extérieur ont également été régionalisés. La coopération au développement (pour les compétences régionales et communautaires), le contrôle des dépenses électorales lors de l’élection du Parlement et le financement additionnel des partis politiques ont été transférés aux Communautés et Régions. L’accord prévoit, en outre, un certain nombre de mesures relatives au financement des Communautés, l’extension des compétences fiscales des Régions ainsi qu’une dotation supplémentaire des autorités fédérales aux Commissions communautaires française et flamande.
L’accord du Lombard modifie le fonctionnement des institutions bruxelloises. Depuis lors, les six membres bruxellois du Parlement flamand sont élus directement. L’accord modifie en outre la répartition des sièges entre les deux groupes linguistiques au sein du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale. La majorité des voix nécessaire dans chaque groupe linguistique du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale pour adopter les principales ordonnances régionales en matière de pouvoirs subordonnés a, elle aussi, été adaptée.
Les deux accords sont entrés en vigueur grâce aux deux lois spéciales du 13 juillet 2001.

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L'évolution du droit de vote

Depuis 1830, le droit de vote a subi une forte évolution. Les premières élections sont celles du Congrès national. Pour pouvoir exercer le droit de vote, au niveau parlementaire et provincial, il faut être de sexe masculin, âgé de 25 ans et payer un certain quota d'impôts (le cens électoral), variable selon le lieu de résidence. Les électeurs dits "capacitaires" disposent également du droit de vote, en vertu de leur diplôme ou de leur fonction. Cette dernière catégorie d'électeurs ne sera toutefois pas retenue par le Congrès national, lorsqu'il inscrira le suffrage censitaire dans la Constitution. L'âge minimum pour les élections communales est de 21 ans.
En 1848, le cens, variable jusque là selon la région, est ramené, dans l'ensemble du pays, au minimum constitutionnel. Cette abaissement entraîne la première extension du droit de suffrage. Une deuxième baisse intervient en 1871, aux niveaux provincial et communal uniquement. En 1883, le suffrage capacitaire est réintroduit.
En 1893, le suffrage universel, tempéré par le vote plural, est instauré : tous les Belges de sexe masculin, âgés de plus de 25 ans, disposent d'une voix. Certains d'entre eux se voient même accorder des voix supplémentaires (deux maximum) :

  •  
en tant qu'électeur capacitaire;
  •  
en tant que chef de famille de plus de 35 ans, payant au moins 5 F de taxe de résidence;
  •  
en tant que détenteur d'un livret d'épargne de 2.000 F minimum, ou bénéficiaire d'un rente viagère de 100 F.

Pour les élections communales, une quatrième voix est octroyée aux pères de famille payant un cens électoral déterminé ou dont le revenu cadastral atteint 150 F. De plus, il faut avoir 30 ans pour voter aux élections communales. Une mesure similaire est instaurée pour les provinces. La nouvelle loi électorale, enfin, oblige le citoyen à voter. L'exercice du droit de vote est toujours obligatoire aujourd'hui.
En 1921, la constitution entérine le suffrage universel "pur et simple" : une seule voix, pour chaque homme âgé de plus de 21 ans. C'est le système qui avait d'ailleurs été appliqué aux élections législatives de 1919, sans attendre la modification de la constitution.
Les femmes, qui, jusqu'en 1921, ne disposent d'aucun droit de suffrage, reçoivent, cette année-là, le droit de vote pour les élections communales. Les veuves de guerre peuvent, par ailleurs, participer aux législatives. Les restrictions aux niveaux provincial et national ne sont abolies qu'en 1948 : les femmes disposent alors du même droit de vote que les hommes.
En 1969, l'âge minimum des électeurs pour les communales est ramené à 18 ans. En 1981, cette modification s'applique, aussi, aux législatives. En 1992, il est décidé d'accorder aux ressortissants de l'Union européenne le droit de vote aux élections communales, à partir de l'an 2000. En 1994, ils ont déjà pu participer aux élections européennes.
A l'origine, le mode de scrutin est soumis au régime majoritaire. Le candidat doit obtenir la majorité absolue des voix dans sa circonscription, faute de quoi un second tour décisif est organisé. En 1899, un système proportionnel est instauré, selon lequel le nombre de mandats par circonscription est réparti en fonction du nombre de voix par liste.

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Les conditions d'éligibilité

Pour éviter toute prise de décision hâtive du Parlement, la constitution de 1831 instaure un système législatif bicaméral (Chambre et Sénat).
Pour pouvoir être élu à la Chambre (et aussi au conseil provincial), il suffit d'être de sexe masculin et âgé de 25 ans. Aucun cens n'est exigé. On pouvait donc, tout à la fois, remplir les conditions d'éligibilité et être exclu du droit de vote. Les candidats sénateurs, eux, doivent avoir atteint l'âge de 40 ans et s'acquitter d'un cens élevé (2.116 franc). Pour être élu au niveau communal, le paiement du cens est obligatoire jusqu'en 1848.
En 1848, une limitation importante est adoptée. Dorénavant, les fonctionnaires ne peuvent plus exercer de mandat parlementaire. La première réforme de la constitution, en 1893, modifie la composition du Sénat. Le cens dû par les candidats est ramené à 1.200 franc. Les citoyens disposant d'un revenu cadastral de 12.000 francs peuvent également se présenter aux élections. Les conseils provinciaux peuvent désigner certains sénateurs.
En 1921, la seconde révision de la constitution modifie à nouveau le Sénat. Le cens est aboli. A côté des sénateurs directs et provinciaux, certains membres sont choisis directement par le Sénat pour siéger dans ses rangs (la cooptation). Le choix s'opère parmi les personnalités éminentes du pays.
A partir de 1921, les femmes peuvent également se présenter aux élections communales et législatives. Elles peuvent donc siéger au Parlement, alors qu'elles ne pourront en élire les membres qu'en 1948.
En 1982, l'âge de l'éligibilité pour les élections communales est ramené à 21 ans, puis, en 1991, à 18 ans.
La révision constitutionnelle de 1993 ramène l'âge de l'éligibilité pour le Parlement à 21 ans. Cette mesure s'applique à la Chambre, au Sénat et au Parlement européen. La composition du Sénat subit une nouvelle transformation. A côté des élus directs et des membres cooptés, certains sénateurs sont désignés par les Communautés. Les candidats aux conseils communautaires et régionaux doivent aussi être âgés de 21 ans. Comme les élections communales et celles des conseils provinciaux coïncident depuis 1993, l'âge minimum des conseillers provinciaux a été ramené à 18 ans.
Depuis l'indépendance de la Belgique, les enfants royaux entrant en ligne de compte pour la succession au trône disposent du droit constitutionnel de siéger au Sénat. Jusqu'en 1991, ces sénateurs de droit étaient exclusivement des hommes, puisque les femmes n'étaient pas admises à la fonction royale (la révision de la Constitution de 1991 a étendu la succession de la royauté aux descendants féminins). Léopold II, Albert I, Léopold III et Albert II ont été sénateurs de droit, en tant que princes royaux. Le Prince Philippe et la Princesse Astrid ont prêté serment devant le Sénat, respectivement le 21 juin 1994 et le 20 novembre 1996. La princesse Astrid est la première femme à prendre possession de son siège de droit à la haute assemblée. Depuis 2000, le Prince Laurent siège également au senat.

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Sources: Portail Fédéral Belge  http://www.belgium.be/eportal